Georg Bak about GESTE 2017

"In 1988 the postmodern media theorist Vilém Flusser dedicated an essay Postmoderne Farben. Für Gottfried Jäger (Post-modern Colours. For Gottfried Jäger) to his close friend Gottfried Jäger where he stated that machines were more relevant than humans in their function to change our world; but human’s (provisional) duty is to program the machines for this transformation of the world.

Twenty years prior to this statement Gottfried Jäger had invented his pinhole structures (1967) made with a simple self-constructed multiple pinhole camera obscura implementing his own coding system. The title of the artwork was at the same time a code as for example 3.8.14. D 4 which defined exactly the procedure of an aesthetic result as a calculatory-computational principle. This was the birth hour of "Generative Photography“! In 1968 the Jäger laid down his manifesto in the groundbreaking exhibition "Generative Fotografie“ at Kunsthaus Bielefeld in Germany alongside his fellow artists Pierre Cordier, Hein Gravenhorst and Kilian Breier. In 1975 Gottfried Jäger, Karl Martin Holzhäuser and Herbert W. Franke published the definitive book "Generative Fotografie" and Bielefeld became the focal destination of this important postwar art movement.

For this exhibition we have selected a number of important vintages and first prints by Gottfried Jäger (pinhole structure), Herbert W. Franke (oscillograms) and Karl Martin Holzhäuser (mechano-optical analysis) as well as recent collaborative unique chemigrams by Pierre Cordier and Gundi Falk. For the first time publicly shown rare vintage photographs by French pioneer of computer art Nicolas Schöffer as well as vintage rhythmograms by Heinrich Heidersberger bring us back to the early beginnings of computer art in the 1960s. Most artists at that time invented their own machines and experimented with photographic techniques."

Georg Bak

Matérialité photographique

Matérialité photographique

L’exposition commence avec le groupe de Bielefeld, photographes concrets et génératifs tels que Gottfried Jäger et Hein Gravenhorst. Leurs explorations de la lumière, de la physique et des nouvelles technologies continuent d’être une source d’inspiration et sont présentées en dialogue avec les œuvres d’artistes contemporains qui reconnaissent ces pionniers tels que Wolfgang Tillmans et Chris Bucklow. L’exposition se poursuit avec d’autres expérimentateurs contemporains; Pierre Savatier superpose des tissus sur papier photographique et manie des sources de lumière tandis que Paula de Solminihac capture directement la forme des vestiges de la vie quotidienne en l’enveloppant dans des photographies. La chimie du processus est testée par Shiva Lynn Burgos avec ses diapositives inondées, par Pierre Cordier et Gundi Falk avec leurs chimigrammes, «peints» directement sur l’émulsion photographique et par la cristallographie de Jean-Pierre Sudre.

Le photogramme de l’ombre simple est l’endroit où la photographie commence et l’exposition inclut des artistes contemporains qui en ont développé les possibilités. Tatiana Kronberg utilise des photogrammes pour enregistrer certains aspects de ses performances et Maureen McQuillan superpose ses propres dessins pour en faire des photogrammes uniques. Pour Susan Derges, Garry Fabian Miller et Adam Fuss, le photogramme reste une méthode de capture d’une image, Pencil of Nature de Fox Talbot, tandis que pour Joan Fontcuberta, c’est une façon de défier la représentation photographique de la nature avec son photogramme de fleurs.

Ce sont des moments passionnants pour la photographie expérimentale avec de nouvelles technologies numériques permettant de nouvelles formes d’expérimentation. .

L’exposition est l’occasion de voir ces œuvres rares et magnifiques et de découvrir des artistes émergents travaillant dans le même esprit.

Marc Lenot écrit à propos de GESTE :  

« Cette exposition présente des œuvres à la jonction de deux courants de la photographie contemporaine, en marge de la normalité photographique de la représentation standard : d’un côté, des œuvres qui montrent non seulement l’image représentée, mais aussi la matérialité même de la photographie. D’autre part, des témoignages du geste du photographe, non seulement un œil sur le viseur et un doigt sur le déclencheur, mais tout son corps impliqué dans le processus de réalisation de la photographie, comme un peintre, un danseur, un acteur...Le dialogue entre ces deux générations s’inscrit dans une perspective historique depuis les années 1960 jusqu’à aujourd’hui, à l’heure de l’omniprésence de la photographie numérique.»